Les Rhums vintages d'Excellence Rhum, Partie II

2 juillet 2023 | Guides d'achat
Les Rhums vintages d'Excellence Rhum, Partie II
Voici la seconde partie de notre présentation des rhums vintages disponibles chez Excellence Rhum. Dans tout le fracas de saveurs des rhums d'aujourd'hui, nous vous proposons de revenir sur d'anciens rhums, sortis des modes, des tendances, mais bien ancrés dans leur époque.
Naura, rhum des Antilles Françaises, années 1970 et 1980, Pernod puis Pernod-Ricard

Le rhum Naura créé en 1892, se présente dès l'origine comme étant de grande qualité : « Plantation Naura, Martinique, Guadeloupe. Extra-Vieux, Garanti Pur ! Il est alors importé par F. Moureaux et Cie, basé à Alfort (devenue Alfortville). La société se transforme en Société Anonyme en 1922 et s'installe à Saint-Maurice, rue de Saint-Mandé. La société se développe à renfort de réclames. On en retrouve à chaque époque. Les camions de la « Société Anonyme du Rhum Naura » roulent sur les routes de France pour déposer des bouteilles chez les revendeurs. L'entreprise met en avant sa « puissante organisation commerciale » pour assurer des prix bas au consommateur.

Dans les années 1970, la Société Pernod, qui deviendra Pernod-Ricard en 1975, et qui possède également les rhums Vana, rachète le rhum Naura. Excellence Rhum vous offre la possibilité d’acquérir des bouteilles de ce rhum issu d’assemblages de rhums de Martinique et de Guadeloupe, allant des années 1970 aux années 1980 ! De vrais morceaux d’histoire !

Rhum Caravella, années 1970, Société Casanis

Le rhum Caravella est né dans le département de la Seine en 1931, sous l’impulsion d’Henri Pic. « Du Soleil dans un verre » clame-t-il sur ces publicités. Il embouteille par ailleurs une « grappe blanche », un « rhum coloré », un « vieux rhum authentique » et du « shrub ». Moderne dans son approche publicitaire, il décline les utilisations possibles de son rhum : « Dans un grand verre, une bonne rasade de Vieux Rhum Caravella », eau de Perrier et glace à rafraichir. Attendre que la boisson soit bien glacée », ou bien pour parfumer les omelettes, les crêpes flambées, les babas, les crèmes, les gâteaux, et il propose en plus une recette « en cas de grippe, bronchite ou congestion ».

Parallèlement, la Société Casanis, spécialisée dans les vins et spiritueux, est fondée à Bastia en 1925. En 1942, les entrepôts de la Société sont bombardés et la Maison Casanis part s’installer à Marseille. Le Pastis Casanis, qui existe toujours, est le produit phare de la Maison. Celle-ci connaît un développement national en étant présent dans les entrêpôts de Bercy, où la Maison d’Henri Pic est également présente. C’est possiblement grâce à cette proximité que le rhum Caravella passe entre les mains de Casanis qui étoffe ainsi son portefeuille de spiritueux.

Ce rhum Caravella, issu de cette grande maison d’origine Corse, a probablement été embouteillé à la fin des années 1970 ou au plus tard au début des années 1980. Elle se présente dans un flacon d’un litre et titre à 40%.

Santa Marta, Rhum Grand Arôme, années 1960, Teisseire

Voici une autre pièce remarquable que nous vous présentons. Remarquable par son origine mais aussi par l’entreprise qui a créé ce rhum : la Maison Teisseire. Oui, il s’agit bien de la Maison qui produit aujourd’hui des sirops pour enfants.

Le Rhum Santa Marta naît en 1911 à Grenoble, sous l’impulsion de la société Robert Père et Fils. Cette société est issue de rachats successifs d’une distillerie fondée en 1720 par Mathieu Tesseire. Elle a porté successivement les noms de Teisseire, Payraud et Ferrouillat, Robert Père et Fils, puis Reynaud, pour redevenir plus tard « les Etablissements Teisseire ».

Ce rhum Santa Marta, Grand Arôme, très probablement distillé en Martinique, titre à 40%. Il se présente dans une bouteille d’un litre et donne des notes de café fruité.

Il est intéressant de noter que la toute première étiquette de rhum Santa Marta, éditée en 1911 est quasiment identique à celle que nous retrouvons sur cette bouteille des années 1960.

Rhum des Deux Vallées, années 1940-1950, Bonal

Hippolyte Bonal, ancien frère Chartreux qui avait prit le nom de Frère Raphaël, fonde à la fin des années 1850, un cabinet de médecine à Saint Laurent du Pont dans l'Isère. Il confectionne des préparations puis une liqueur dénommée "La Raphaëlle, reine des liqueurs du Dauphiné". Il s'agit d'une boisson alcoolisée à base de plante comme la gentiane jaune. La publicité présente "La liqueur inventée en 1865 par l'ancien Frère Raphaël du Couvent de St-Bruno".

En 1889, une grande distillerie est construite. Elle produit différents apéritifs de type Génépi, Arquebuse, Elixir, la Gentiane Bonal...etc. Un jardin constitué de différentes plantes utiles aux différentes liqueurs, est créé. La distillerie emploie une centaine d'ouvriers dans les années 1930.

Après la Seconde Guerre mondiale, Bonal embouteille du rhum comme le Lauraïca ou le Rhum de deux vallées en référence à la géographie entourant la ville de Saint-Laurent du Pont. Le rhum titre à 40% et se loge dans une bouteille d'un litre.

Malheureusement, les goûts changent et le whisky s'impose dans la société d'après-guerre. La petite entreprise fermera en 1976.

Rhum Santa Lucilia, années 1970, Martinique, Galibert et Varon

Il s’agit d’une des plus importantes maisons françaises de rhum du XXème siècle. Les rhums de Galibert et Varon provenaient principalement de Martinique et de Jamaïque mais il est très probable que d’autres territoires de la Caraïbe aient approvisionnés cette Maison.

Galibert et Varon nait au milieu du XIXème siècle à Bordeaux. Les premières années sont plutôt consacrées à l’importation de rhum dans le but de le revendre aux détaillants. C’est seulement quelques décennies plus tard que la société réalise ses propres embouteillages. Entre 1895 et 1935, on ne recense pas moins de 22 marques créées par Galibert et Varon. Le marché du rhum se déplaçant vers le Havre dans les années 1920, la Maison s’y implante à la fin des années 1930. A la sortie de la Guerre, elle se retrouve en concurrence avec les grands groupes comme Marie Brizzard, Bardinet et la Maison Pernod.

Ce rhum Lucilia, originaire de Martinique, titre à 43% ce qui est un degré de consommation courant à cette époque. Il s’agit très probablement d’une des dernières marques créées par Galibert et Varon, en tant que maison indépendante située au 25 cours du Médoc à Bordeaux, avant qu’elle ne devienne une filiale du géant Pernod-Ricard vers 1980. Son siège sera alors déménagé à Marseille.

Afin de poursuivre la lecture je vous propose une autre rareté :

Rédigé avec passion par

Matthieu LAnge
Matthieu Lange
Conseiller en spiritueux