Richard Seale, la Grande Classe

28 février 2024 | Guides d'achat
Richard Seale, la Grande Classe

Le 20 février dernier, Richard Seale, patron de la distillerie Foursquare nous a fait l’honneur de faire une Master Class à la boutique d’Excellence Rhum. Cela faisait plusieurs années qu’il n’en avait pas réalisé en France. De l’histoire, du rhum et de l’actualité, voilà le menu !

Le Foursquare Covenant

Organisée avec Marussia, cette soirée fut l’occasion de se replonger dans la gamme Doorly’s. La marque de la distillerie Foursquare offre un profil fruité et rond, tout en ayant une belle présence en bouche. Mais la cuvée phare de la soirée était assurément le Foursquare Covenant, un Foursquare de 18 ans, le plus vieux rhum sorti dans la gamme. Nous sommes sur un rhum de mélasse, vieilli en ex-fût de Bourbon, portant le mark XXIII. Le rhum a été distillé en colonne et en pot-still. Ceci est fondamental dans la conception de Richard Seale. Si le projet d’Indication Géographique Rhum de la Barbade porté entre autres par Richard Seale autorise la distillation en colonne ou en pot-still double-retord, pour lui, l’identité du rhum de la Barbade réside bien dans l’assemblage des deux types de rhum.

Le Foursquare Convenant possède une attaque plutôt herbacée qui évolue rapidement sur un très bon fruit avec des notes étonnement taniques. On décèle de petites notes chocolatées également. Nous avons une longue finale fruitée, légèrement terreuse. C’est un rhum gras, puissant, agréable en bouche, et un peu plus sec que ce que l’on trouve habituellement chez Foursquare. Il titre à 58%.

Parlons IG Rhum de la Barbade

Evidemment, lorsque vous avez Richard Seale à vos côtés, il est tentant de recueillir sa parole et son avis sur l’actualité barbadienne du rhum. La Barbade se repeuple un peu en canne en sucre. Toutes les distilleries ont leurs champs dans un pays où la majorité de la mélasse reste importée. L’industrie sucrière de la Barbade, maintenue à flot plus pour des raisons politiques qu’économiques – et après tout pourquoi pas – ne fournit qu’une petite partie de la mélasse. Historiquement la Barbade s’approvisionnait au Guyana, aujourd’hui la mélasse provient de République Dominicaine. Dans le projet d’Indication Géographique déposé par les distilleries Foursquare, Mount Gay et St Nicholas Abbey, la mélasse peut provenir de l’extérieur… Mais tout le reste doit être fait sur place, de la fermentation à la mise en bouteille.

Et l’exportation en vrac ? Pour Richard Seale, il faut recentrer le débat sur la question de la valeur. Historiquement, le rhum de la Barbade a beaucoup été exporté en vrac et souvent vieilli en Europe. C’est dans une bien moindre mesure toujours le cas aujourd’hui. Construire l’IG revient à bâtir une protection de la valeur barbadienne. La production de la richesse doit être faite sur place et non dans les chais américains et européens. Richard Seale tient à préciser que l’exportation en vrac restera possible. Sur la bouteille, on ne pourra pas écrire « Rhum de la Barbade », par contre, l’embouteilleur indépendant pourra toujours écrire « Foursquare », « Mount Gay » ou autre, et inscrire en petit, en bas de l’étiquette « distillé à la Barbade ». S’il s’agit donc de valoriser le mot « Barbade » sans entraver le commerce de rhum.

Richard Seale en pleine explication
Richard Seale en pleine explication

Il y aurait beaucoup de points à aborder naturellement sur cette IG dont l’enregistrement traîne, mais retranscrire ici les échanges avec Richard Seale permet d’apporter un éclairage différent sur le sujet.

Afin de poursuivre la lecture je vous propose de...

Rédigé par

Matthieu Lange ExcellenceRhum
Matthieu Lange
Conseiller en spiritueux