Le grand voyage au Venezuela : partie III
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Pour la dernière partie de notre voyage au Venezuela, organisé par Santa Teresa, nous choisirons le cocktail comme véhicule. Il est présent tout au long du voyage sous diverses formes, comme une ponctuation à nos pérégrinations. Le cocktail apparaît comme objet de notre attention, mardi, lors de la soirée dégustation des nouveautés de Santa Teresa. Ce sont des anciens membres de gang (voir partie II de notre récit de voyage) qui officient ce soir-là, avec pour outil un shaker qui a une histoire très particulière.
Santa Teresa a monté une équipe de barmen qui tourne dans le monde entier pour présenter le Ron Santa Teresa 1796 et les cocktails signatures. Le shaker que nous avons évoqué a été dessiné par la star du monde du bar, Erik Lorincz. Il a été réalisé à partir des armes fondues du 11ème gang recruté par Santa Teresa (Voir partie II). Pour ces personnes qui jonglaient avec des armes à feu depuis leur enfance, rendre les armes a été un acte fort, au sens où cela engendrait immédiatement chez eux un sentiment de vulnérabilité.
Sur la partie inférieure de ce shaker, on peut lire cette phrase évocatrice : « Made of the unexpected ». Produit à 225 exemplaires, ce shaker est offert à des barmen du monde entier, à chaque tournée de la Mixing Tin.
Nous avons pu avoir une démonstration de la Mixing Tin de Santa Teresa à travers un cocktail signature, le « Cruz de Aragua ». Dans un shaker, ils versent du Santa Teresa 1796, du jus de citron vert, du jus d’ananas. Après avoir été frappé l’ensemble, le cocktail est agrémenté d’une branche de romarin et saupoudré de poivre noir. Cela donne un cocktail généreux, fruité et légèrement relevé.
L’Hacienda Santa Teresa est rattachée à la Municipalité de Revenga. Le cœur historique de cette ville est la communauté de Juan Moreno. Depuis 2013, la Fondation Santa Teresa a lancé le programme Las Casas Blancas, visant à embellir le centre-ville (Voir partie II de notre récit de voyage). Dans ce cadre, un habitant de la ville a pour ambition de créer le premier speakeasy du Venezuela. Celui-ci, toujours en construction, est installé au dernier étage de sa maison.
Nous avons été reçu à domicile pour une rapide présentation du projet, et le propriétaire nous a confié la recette de son cocktail phare : du Santa Teresa 1796 mêlé d’une infusion de Rooibos et de jus de myrtille (blueberry), auquel on ajoute du jus d’orange, du sirop de sucre, le tout complété d’eau gazeuse et d’une rondelle d’orange comme garniture. Ce long drink est un très bel étendard pour ce speakeasy en devenir.
Cela peut paraitre surprenant mais les cocktails au Santa Teresa, rhum finalement qui ne contient que trois grammes de sucre par litre, sont plutôt secs. Alors que nous avons une image de rhums latinos travestis par le sucre, Santa Teresa n’est pas de ceux-là.
Depuis 2017, Santa Teresa est en joint-venture avec Bacardi. Concrètement Bacardi assure la diffusion et la distribution de Bacardi dans le monde en dehors du Venezuela, sans pour autant entrer au capital de la distillerie. On peut imaginer les difficiles négociations qui ont précédées cet accord.
La phase finale de négociation se déroule à Miami. Et il faut, non pas un cocktail, mais LE Cocktail de Santa Teresa pour couronner les échanges. Santa Teresa possédait une belle liste de cocktails mais dont finalement le rhum n'était qu'une facette et non l'élément central. Cette question pourtant anodine, prenait de plus en plus de place dans les jours qui ont précédé les discussions. Lors d'un trajet en voiture, le sujet de nouveau a surgi. Le cocktail tournait autour du Santa Teresa 1796 et de l'eau gazeuse, jusqu'à ce que le chauffeur ne participe à la discussion, pour suggérer un simple zeste d'orange, éclaboussant le verre.
Arrivés à destination, Alberto Vollmer et Andres Chumaceiro réalisèrent des tests avec le barman de l'établissement, pour conclure à ce cocktail qui a pour mérite d'entièrement reposé sur le Santa Teresa 1796 : 2 doses de Santa Teresa 1796, 1 dose d'eau gazeuse et un zest légèrement juteux d'orange, le tout sur glace. Pour l'avoir goûté, c'est équilibré, rafraîchissant, et efficace.
Le reste du séjour se déroule loin de l’Hacienda. Un coup d’avion et nous atterrissons à 130 km des côtes, à Los Roques, archipel pour le moins paradisiaque, du Venezuela. Nous logeons dans une charmante posada (auberge) sur l’île principale de Gran Roque. L’hébergement contenait un tout aussi charmant patio, un étage avec bar et terrasse, et surtout un corridor qui menait directement sur la plage.
Le soir de notre arrivée, le repas se tenait à l’étage. Nous sommes alors une demi-poignée, en avance, autour du bar construit dans une coque de navire. On nous propose entre autres un Cuba Libre.
- Pourquoi un Cuba Libre ? Non, un cocktail vénézuélien, disons-nous comme si nous lancions un défi amical. Avez-vous un bitter cacao ?
- Nous avons du bitter, répondit le barman
- Donc un Cuba Libre avec du bitter. Ce sera parfait. Ça fera un Venezuelian Libre.
Le résultat était très bon. L’un de nous le rebaptisa le « Caracas Libre ». Le nom fut adopté. Cette boisson devint notre cocktail phare pour le reste du séjour.
Nous n’avons certainement pas révolutionné le monde de la mixologie ce soir-là. Absolument pas. Et un rapide tour sur le net nous indique qu’il existe déjà une variante de Cuba Libre avec du bitter. Néanmoins l’étincelle de ce moment a consisté à avancer l’idée que le Venezuela, tel que nous l’avons observé ces quelques jours, a les capacités, à travers son savoir-faire, son terroir de canne-à-sucre, de café, de cacao et de fruits exotiques, à travers la Déclaration d’Origine Contrôlée de ses rhums, à travers les cocktails dont nous avons reçu quelques exemples, de s’affirmer sur la scène du bar.
Plus globalement ce voyage a permis de constater ce que nous percevions en tant que professionnels, à savoir que les rhums latinos ne forment pas un bloc uniforme, mais sont une addition de savoir-faire spécifiques, de cultures nationales du rhum, de mélange de terroirs et de traditions qui s’ouvrent peu à peu sur le monde. Si Cuba sortait du lot dans la mythologie du rhum, le Venezuela a aujourd’hui toutes les armes nécessaires pour se placer sur la carte mondiale du rhum en tant qu’entité à part entière.
Notre séjour se termine. Nous évitons de penser au lendemain, à l'aéroport, à l'avion. Le dernier soir, nous sommes conduits au restaurant Moreno dont il convient de dire le plus grand bien. Le cusinier a souhaité adapter un art du bien manger que l’on trouve en Europe, à la cuisine vénézuélienne. Ainsi le chef est allé chercher des recettes dans la tradition populaire du pays, pour apporter à ces plats leurs lettres de noblesse. Nous avons pu déguster des plats à base de porc ou de bœuf, ainsi qu’un risotto aux fruits de mers tout à fait remarquable. Notons d’ailleurs la générosité des quantités servies ainsi que le soin apporté à la présentation des plats.
Après ce repas, nous sommes allés au MoDo. Depuis 2015, ce centre gastronomique propose d’évoluer dans un espace festif constitué de cinq restaurants gastronomiques (asiatique, français, mexicain, italiens ainsi qu’un glacier-pâtissier) installés devant une scène musicale. Nous avons pu nous régaler d’un savoureux concert de musique vénézuélienne qui venait clôturer notre séjour.