Le Whisky Live 2024, par Excellence Rhum

4 octobre 2024 | Découvertes
Le Whisky Live 2024, par Excellence Rhum

Toute l’équipe d’Excellence s’est rendue au Whisky live pour un salon de haute tenue, une fois plus. On ne saluera jamais assez l’excellente organisation de cet événement, notamment en matière de flux humain. Mais rentrons dans le vif du sujet, Alexandre, Florent, Laurent et Matthieu vous présentent leur coup de cœur !

Alexandre beudet
Alexandre BEUDET

Les coups de cœur d’Alexandre

Mes coups de cœur au Whisky Live 2024 : quand le palais fait la fête !

Mes coups de cœur se trouvent sans surprise dans l’espace V.I.P du salon, là où les créations de la gamme Foundations sont rassemblées. Nous commençons notre épopée par la maison Stade’s Rum, ou plutôt Planteray. Leur refonte graphique brouille un peu les pistes – honnêtement, je ne savais plus si j’étais chez Plantation, Planteray ou Stade’s, mais peu importe - on reconnaît la bouteille élancée avec son fameux raphia.

Les nouvelles collection de Planteray
L'Espace du VIP du Whisky Live 2024

Première dégustation : le WIRD High Esters, un Barbade provenant de chez West Indies Rum Distillery, limité à 300 bouteilles. On se croirait presque en Jamaïque, avec ces arômes de banane et d’ananas bien mûr. Une pointe de verdeur qui rappelle le mezcal, et une finale lactée, persistante et vanillée. Autant dire que j’ai été conquis !

Ensuite, cap sur la Jamaïque avec un Clarendon embouteillé par Planteray, mark MLC, soit 490 gr d’esters par hectolitre. Ce rhum a passé 23 ans à vieillir (18 en ex-fût de bourbon et 5 en fût de cognac), et quelle expérience ! Un nez multivitaminé, une bouche ample et généreuse à 51,5 %, toujours sur des fruits exotiques. La finale ? Longue, cacaotée, avec des épices douces. Une autre belle bouteille, limitée à 300 exemplaires. Un vrai trésor à avoir dans sa collection.

Nous finissons ce stand avec le Barbados WIRD 20 ans (distillé en 2004), où les arômes floraux et épicés rencontrent des notes de thé. La bouche suit fidèlement le nez, et c’est pour moi un vrai gage de qualité. Douceur et gourmandise sur des saveurs de mangue, de fève de tonka et de muscade. Sérieusement, Planteray, si vous lisez ça, sachez que ma valise est déjà prête pour un départ immédiat !

Ensuite, détour par le rhum agricole avec Neisson, une des dernières distilleries familiales de Martinique. Cette année, la distillerie a réuni des profils de chauffe des fûts. Pour rappel, les profils de chauffe spécifiques permettent « d’éduquer » de jeunes rhums blancs et leur donner un caractère bien trempé. Le résultat ? Un assemblage des profils 105, 107 et 62. Un vrai Neisson : gourmand, équilibré, et avec un charme fou. La bouteille, signée Carole Aurore, est simplement magnifique. À posséder absolument.

Et maintenant, place à un rhum réduit ! Oui, vous avez bien entendu ! Moi, l’amateur de brut de fût, je parle de rhum réduit. Direction Papalin, une marque conçue par Luca Gargano, qui propose cette année deux versions : une Overproof (57 %) et une réduite (47 %). Si la version Overproof était un peu trop fougueuse pour moi, la version réduite, elle, est d’une élégance rare. Un assemblage de Long Pond (STCE), Worthy Park et Hampden C<>H. Pour moins de 50 €, il serait dommage de passer à côté de cette pépite.

Puis retour en Jamaïque avec Habitation Velier, un Hampden vieilli en ex-fût de sherry. Le mark LROK, associé à ce vieillissement, dévoile des notes d’une incroyable gourmandise. Les 60,5% sont parfaitement maîtrisés, sans aucune agressivité. Ce fut un vrai coup de cœur ! Limité à 965 bouteilles, autant vous dire qu’il ne faut pas traîner.

Hampden C-H 2023
Hampden C-H 2023
Papalin, Jamaica 5 ans, High Ester
Papalin, Jamaica 5 ans, High Ester
Neisson Profil Equilibre
Neisson Profil Equilibre

Enfin, terminons par la distillerie Nine Leaves. Ouverte en 2013 et fermée depuis, la Maison & Velier ont racheté les fûts pour nous offrir ce que la distillerie n’a jamais pu commercialiser sous la direction de Yoshiharu Takeuchi. Le design des bouteilles s’inspire des cartes à jouer japonaises de l’époque Edo, et c’est à la fois un régal pour les yeux et pour le palais.

Premier arrêt : le Nine Leaves Last Drop, un distillat de miel de sucre noir réduit à 62 %. Toujours fidèle aux arômes de poire de la maison, il présente aussi des notes miellées, vanillées, avec une pointe d’agrumes et d’abricot. Un véritable collector, tant pour son design que pour sa dégustation.

Clap de fin sur une version vieillie 7 ans en fût de bourbon (59%). Ici, tout ce que j’aime : gourmandise, fruits exotiques, bois de santal, et une touche de noix de coco. La finale est à la hauteur, avec une pointe de réglisse pour clore en beauté. Magnifique !

Après 60 dégustations, il est temps pour moi de rejoindre un espace plus festif : la Cocktail Street ! Je laisse donc mes papilles se reposer et passe le relais à mon équipe qui m’accompagnait.

Florent LENZIANI
Les coups de cœur de Florent

Vingt ans de Whisky live, ça se fête, mais je dois bien vous confesser qu’avec un seul jour sur place, la focale a été 99 % sur le rhum, déformation professionnelle oblige !

Santa Teresa : 1796 Finish Arabica

 

Nous avons commencé en douceur avec Santa Teresa, qui nous a présenté son nouveau 1796 finish arabica. Ce rhum a bénéficié d'un vieillissement en fût de chêne ayant contenu des graines de café infusées dans du rhum. Une approche originale, je l'avoue, sur lesquelles j’avais des réserves, craignant de perdre l'authenticité du rhum. Pourtant, ici, la réussite est totale

Ce profil apporte une note végétale et toastée inhabituelle pour un Ron, conférant un caractère puissant et complexe. 

Le virage pris par certaines maisons sud-américaines vers plus d'originalité dans l'expression de leur terroir est pour moi très séduisant, ce qui me réconcilie avec une tradition que j'avais tendance à bouder.

Santa Teresa 1796, finish arabica
Santa Teresa 1796, finish arabica
Demerara de Silver Seale
Demerara de Silver Seale
Whisky Live 2024
Whisky Live 2024
Présentation de Nive Leaves, par Vélier
Présentation de Nive Leaves, par Vélier

J.M : Single Barrels 2014 et 2016

En direction des Antilles, j'avais manqué l'année précédente l’édition J.M pour l’édition Maison du whisky. Cette fois, je n’ai pas loupé le coche et c’est sans regret ! Les single barrels 2014 et 2016 sont de véritables réussites. Je les qualifierais de très beaux classiques, tout en présentant des bruts de fût qui apportent une dimension unique en bouche. Le 2016 affiche une certaine fraîcheur tout en ayant de la gourmandise très beurrée sur le palais, tandis que le 2014 possède un boisé plus profond, sans aucune astringence.

Domaine Ricci : Rhum Vieux de Papa Rouyo

Direction la Guadeloupe, oui mais cette fois chez un indépendant. Les Ricci lancent une nouvelle marque sous le nom de Domaine Ricci qui aura vocation d’être une sélection de plusieurs spiritueux. Néanmoins, dans cette gamme, il y a aussi du rhum, et j’ai particulièrement été marqué par leur sélection d’un Rhum Vieux de chez Papa rouyo, un nez qui rappelle les parfums de bagasse chauffant au soleil, un côté pomme cuite et en bouche des saveurs de thé vert. des saveurs à la fois originales et rassurantes. Bravo!

Silver Seal Uitvlugt 26 ans et Enmore 34 ans

Pour continuer chez les indépendants, je donnerai une mention spéciale à Silver Seal avec leur 26 ans Uitvlugt qui a une fraîcheur et sucrosité inhabituelle pour cet immense sélectionneur de rhum aux profils britanniques. Un parfait équilibre entre touches de raisin de corinthe et douceurs végétales.

Le Enmore 34 ans, déjà présent l’an dernier, pour moi fait partie de ces rhums immenses, évoquant touches de cafés et de sous bois, s’ouvrant sur des notes de fruits confits et de prune. Un profil d’exception.

Velier : Rhum Blanc Nine Leaves

Enfin, nous attendions tous avec impatience les embouteillages de Velier, en particulier ceux de la maison Nine Leaves, désormais fermée. Bien que toutes les versions vieillies soient remarquables, mon coup de cœur va vers son expression la plus simple : le rhum blanc. C’est un véritable OVNI, avec des notes de fermentation unique du terroir japonais, notamment des touches de truffe blanche, le tout assorti d'une sucrosité exceptionnelle. À la fois complexe et franc dans son expression, c’est pour moi, tout simplement un monument.

Cheers !

NIne Live White Last Drop 2023
NIne Live White Last Drop 2023
Whisky Live 2024
Whisky Live 2024

Les coups de coeur de Laurent

Ayant eu de nouveau la chance cette année de pouvoir y être deux jours, j’aime sur une des deux journées, sortir de ma zone de confort à savoir le rhum. Cette année encore, les choix de dégustation furent très difficiles tant l'offre était incroyable. C’est presque avec un pincement au cœur que nous devons sélectionner certaines maisons et pas d’autres mais c'est le jeu et je ne regrette pas mes choix de dégustation.

J’ai donc commencé cette année par les bourbons en en profitant pour goûter des gammes classiques mais souvent ignorées faute de temps : mention spéciale pour le Sazerac Rye que je découvre pour la première fois et passage chez Blanton’s pour essayer la gamme et au final j’ai préféré le classique au gold que je trouve cette année moins bien équilibré. Il faut savoir que cette Maison ne fait pour sa gamme que des singles cask d'où la variabilité d’une année à une autre. Sur le Stand Few il y a une édition Foundation LMDW en finish Sauternes intéressante, j’ai particulièrement aimé le Widow Jane decadence en finish maple sirup, c’est gourmand et bien équilibré.

Laurent DANIGO

Passage sur les Whiskys Japonais avec une partie de la gamme Suntory que je n'avais jamais goûté, avec les classiques Yamazaki et Hakushu ainsi que les blend Hibiki et Chita : un beau travail ou chaque produit a sa place en fonction de vos préférences.

Un tour chez Compassbox, un de mes embouteilleurs préférés en whisky. J’aime beaucoup leur côté décalé. Nous les voyons toujours se renouveler. On avait cette année deux expressions, Nectarosity avec un côté pâtissier et Orchard House, sur le végétal, un très beau Sherry avec le Crimson cask, bien que plus classique, et un peated bien travaillé the Peated Monster.

L’objectif cette année était de me familiariser avec le Saké. On a la chance au WL d’avoir un stand très complet, de sakés traditionnels avec la maison Hokko Masamune et les Larmes du levant, un français passionné par le Saké qui crée des expressions intéressantes, ainsi que des sakés modernes avec la maison Takeno.

Une fois ce tour d’horizon effectué je suis retourné au rhum, avec le nouveau Equiano Ominira, un beau produit d’assemblage. Son degré revu à la hausse apporte bien plus de complexité. 

Le Whisky Live avait un stand pour son nouveau catalogue Foundation avec deux sorties, un plantation Wird Bunnahabhain vintage 2004, de 20 ans à 61% first fill Oloroso Sherry Butt, un très beau produit et un Planteray Wird High Ester, un Barbados de 2022. La gamme Wird nous montre une nouvelle fois son savoir-faire.

Passage rapide au stand Barbancourt pour goûter le Volcanique Cane, ce rhum de 15 ans en finish fut d’Islay. C’est le second de ce type après l’édition de Bar 1802.

La Maison Longueteau nous propose beaucoup de nouveautés avec une nouvelle gammes pérenne “Souvenir” composé d’un rhum blanc Intemporel et de rhums vieux, la Tradition et l’Hommage. Cette gamme issue de souvenirs de François Longueteau, nous amène vers de nouvelles expressions gourmandes.

Papillon, autres de marque de la maison, propose pour le début de l'année prochaine une nouvelle gamme de trois rhums en double maturation. Nous sommes sur des rhums vieillis dans deux types de fûts différents, toujours une partie en fût de cognac et une autre dans des fûts plus atypiques pour la maison Longueteau, nous avons pu goûter trois expressions en haut degré, un assemblage avec un fût de Mezcal, un fût de Sherry et un fût de Sauternes, une nouvelle gamme très intéressante avec des profils nouveaux.

Pour la seconde journée je rejoindrai Florent et Alexandre, étant avec eux, nous avons pu et apprécié les mêmes produits.

Je mentionnerais également la Cocktail Street qui encore une fois nous a régalé sur la diversité des stands et des cocktails, et des barmans aux petits soins, avec Saint James, Generous Gin, La maison Velier, Campari, Angostura. Merci les amis pour ces cocktails

Belle collection de Bourbon
Belle collection de Bourbon
La nouvelle collection "Souvenir" de Longueteau
La nouvelle collection "Souvenir" de Longueteau
Les Widow Jane
Les Widow Jane

Les coups de cœur de Matthieu

Les rhums agricoles se sont de nouveau assurés une belle place malgré un faible nombre de nouveautés. Mais parmi elles, le nouveau Neisson Bio ex-fût de Mizunara brille par ses arômes fruités et sa sucrosité. De son côté, Papa Rouyo présentait de très intéressants rhums vieux, de la série Tanmpo, avec des vieillissements en ex-fut de Porto, d’Armagnac et Cognac/Bourbon. J’ai particulièrement apprécié également le Montebello brut de fût, 6 ans, avec ce très bel équilibre entre les notes végétales et le fruit blanc, ainsi que le futur brut de colonne blanc à 79%, en canne jaune. Au sein références déjà existantes, le retour sur le Bally 2005 et le Trois Rivières 2004 a été salvateur !

Si l’on passe du côté de l’Océan Indien, on se rassasie des fruits de l’Absolu 2024 de chez Savanna, du boisé soyeux et très fruité du New Grove 2008, 15 ans, brut de fût, des fruits d’arlequin de l’Agent double Fusion d’Isautier avec sa co fermentation de rhum de mélasse et de pur jus, et enfin du doux boisé-fruité de l’Isautier La Cour, un rhum agricole de 13 ans à 59%.

Matthieu LANGE
Matthieu LANGE

On passe chez les geek pour saluer la puissance grillée du Hampden 1753 HLCF et la puissance fruitée du Hampden Greathouse 2024.

L'excellent Saint-James 2003
L'excellent Saint-James 2003
Le nouveau Neisson bio, ex-fût de Mizunara
Le nouveau Neisson bio, ex-fût de Mizunara
Rhum New Grove
Rhum New Grove

Les Nines Leaves ont fait l’événement du stand Velier, on citera le 2017, ex-bourbon pour ses notes explosives et généreuses ainsi que le small batch, fût de chêne russe, à 58%, pour son boisé plus marqué. Les deux Papalin Jamaica High esters sont de leur côté remarquables et efficaces, de la confiture de fruits acidulés. Dans la collection Magnum, série Alex Webb, j’ai bien aimé le Saint-James 12 ans, évolutif, puissant, fruité ainsi que le Clarendon qui possède une belle profondeur.

Au stand de La Maison du Whisky je garde en mémoire ce Silver Seale, Uitvlugt 26 ans à 51,6% avec un fruité surplombant une belle profondeur végétale, ainsi que le Enmore de 34 ans pour ces notes plus torréfiées.

Nous terminerons par un ultime coup de cœur chez Color of Rum, le Guyana 1991, Uitvlugt, 68,7%, dont les notes de café et de cuivre s’entremêlent aux touches fruitées et végétales.

Et les latinos ? On ne les a pas oublié. Le nouveau Santa Teresa en ex-fût d’Arabica est une très grande réussite avec des notes de café végétal s’additionnant à celles des fruits secs, déjà existantes ! Une vraie réussite venue d’Outre-Atlantique. Et la surprise du chef, un rhum Cubain de 1956, le Hoy Como Hayer, un latino puissant, chocolaté avec une exceptionnelle longueur en bouche. 

 Je termine par deux produits en dehors de la sphère du rhum. J’ai adoré le Cognac Grosperrin de 1945 qui offre un bel équilibre entre le bois, les épices et le fruit, et je vous invite à découvrir le très agréable Super Sochu Spirits à base de patate douce et de riz.

Rédigé par toute l'équipe
d'Excellence Rhum